Archive de l’étiquette ségur de la santé

ParSarah EL HAÏRY

Ségur de la Santé : les conclusions

Durant la crise sanitaire, les hôpitaux, les médecins et l’ensemble du personnel du monde de la Santé se sont fortement mobilisés pour nous assurer accueil, prise en charge et soins, et ce, sans compter leurs heures, parfois avec des moyens limités. Ils ont fait preuve d’un professionnalisme sans faille chaque seconde et continuent de se mobiliser contre la covid-19. Pour pallier ces manques et répondre à des besoins essentiels, le Gouvernement a choisi de réunir ces acteurs pour une grande concertation. Le Ségur de la santé avait comme objectifs de procéder à une transformation profonde du quotidien des soignants, tout en portant une réelle ambition pour notre système de santé.

Après 50 jours de concertation entre les différents acteurs du monde de la santé, le Ségur de la santé a rendu ses conclusions basées autour de 4 piliers afin que la solidarité et la santé soient des valeurs fondamentales de notre société.

Transformer les métiers et revaloriser ceux qui soignent

Les professionnels de la santé ont comme vocation l’attention et l’aide porté aux autres. Cet engagement était d’autant plus grand au moment du confinement. Si les Français ont su démontrer leur reconnaissance, cela ne suffit plus. Les discussions ont permis d’avancer sur l’attractivité et la revalorisation des salaires.

  • 8,2 milliards seront consacrés à l’attractivité de l’hôpital public et à la revalorisation des professionnels de santé

Cette somme sera en partie consacrée à l’ensemble des métiers non médicaux et médico-sociaux du service public et des hôpitaux privés. Le recrutement de 15000 personnes est également prévu pour renforcer ces équipes. Cet engagement représente 7,6 milliards d’euros de l’enveloppe.

Un budget de 456 millions d’euros par an sera consacré à l’attractivité du service hospitalier. Enfin, en concertation avec les syndicats et les représentants des étudiants médicaux, paramédicaux et des internes, le Gouvernement versera 200 millions d’euros pour la revalorisation des indemnités de stages, des gardes pour les internes et les émoluments d’internats.

  • Permettre aux établissements publics de santé de négocier et aménager leur temps de travail

L’objectif est de laisser aux établissements plus de marge de manœuvre quant au temps de travail et permettre la négociation d’accords locaux permettant une autonomie sur plusieurs éléments : relever le plafond d’heure supplémentaire, aligner le temps de repos quotidien sur le standard européen ou bien encore renforcer l’annualisation du temps de travail et le forfait jour.

  • Lancement d’une réflexion autour d’une profession médicale intermédiaire

Cette profession intermédiaire en milieu hospitalier pourrait procéder à des prescriptions médicamenteuses ou des actes médicaux tels que des radios sans faire intervenir le médecin de garde ou un interne souvent débordés.

Définir une nouvelle politique d’investissement et de financement au service de la qualité des soins

Le financement de notre service de santé ne doit pas se résumer à une course à l’activité ou à une compétition acharnée entre les acteurs. Le financement doit se tourner vers la recherche, encourager la coopération et surtout, il doit être tourné vers le soin au patient.

  • 19 milliards d’euros d’investissements dans la santé

13 milliards d’euros seront consacrés à une reprise de la dette des établissements du service public hospitalier.

6 milliards d’euros supplémentaires seront dédiés à l’investissement, la rénovation et l’équipement des établissements médico-sociaux, 2,6 milliards pour les projets hospitaliers prioritaires et un investissement dans le numérique dans la santé à hauteur de 1,4 milliard.

  • Donner le pouvoir aux territoires d’investir dans les missions de santé

Les élus locaux qui portent parfois pendant plusieurs années des projets de santé sur leur territoire sans pouvoir défendre leur projet face au COPERMO, qui instruit et valide les investissements hospitaliers. L’objectif est de remplacer cet organisme par un conseil national de l’investissement en santé basé sur l’équité territoriale et qui intègrera pleinement les élus locaux.

  • Financer l’ouverture ou la réouverture de “4000 lits à la demande”

L’objectif est de permettre l’ouverture de lits en fonction des besoins et de la demande. Par exemple, des lits pourraient être ouverts l’été dans les stations balnéaires et l’hiver dans les stations de ski. Ce projet d’ouverture devra être prévu à chaque fois qu’une fermeture définitive est actée.

  • Accélérer la transition écologique à l’hôpital et dans les établissements médico-sociaux

La transition écologique doit s’opérer dans tous les secteurs, y compris dans celui de la santé. Pour cela, des projets pilotes seront lancés pour réduire l’usage du plastique à usage unique dans la restauration. Un plan visant à la réduction des déchets sera également étudié et une évaluation sera faite concernant les besoins en termes de rénovation énergétique des bâtiments tout en mobilisant les financements issus des fonds européens.

Simplifier les organisations et le quotidien des équipes de santé

Simplifier le quotidien des soignants pour qu’ils puissent se consacrer à leurs patients est le troisième objectif qui ressort de cette concertation. Les procédures administratives complexes qui pèsent sur les patients à des impacts aussi sur les professionnels de santé. L’ambition est de donner plus d’autonomie aux professionnels afin qu’ils s’organisent et effectuent des démarches en assouplissant les lois pour répondre aux mieux aux besoins.

  • Donner la capacité aux établissements et aux territoires d’adapter les règles du code de la santé publique

Cette mesure permettra une organisation interne et une gestion au plus près de la situation locale de ces établissements et de leurs projets.

  • Simplifier les procédures pour libérer du temps pour les professionnels

Différentes mesures seront mise en place afin de faire gagner du temps aux acteurs de la santé, comme la simplification des processus administratifs dans la recherche et faciliter la mise en place de procédures cliniques. Un assouplissement du régime des autorisations des activités de soins par la simplification du dossier d’autorisation et en permettant le renouvellement tacite des autorisations sans dossier pour certaines activités a également été acté.

Fédérer les acteurs de la santé dans les territoires au service des usagers

Dans un souci de rapprocher les professionnels de santé et les patients, la coordination entre les différents intervenants est indispensable.

  • Assurer le développement de la télésanté dans tous les territoires

La télémédecine a fait ses preuves durant le confinement. Le dispositif déployé à ce moment-là a fait ses preuves et c’est pour cela que le gouvernement a souhaité le prolonger. Il permet d’alléger l’emploi du temps des médecins et de gagner en efficacité. Pour plus de pertinence, il sera doublé d’un élargissement des conditions de réalisation d’une télé-expertise à l’ensemble des patients.

  • Lutter contre les inégalités de santé

La lutte contre ces inégalités passera au travers du service d’accès aux soins (SAS) annoncé en septembre 2019. C’est service universel, accessible en ligne et reposant sur un partenariat entre professionnels hospitaliers et libéraux.

Chaque région sera dotée d’une gouvernance stratégique de réduction des inégalités, associant les usagers, les élus, les associations et les professionnels la santé. Une prise en charge globale (médicale, psychologique, sociale) à l’hôpital comme en ville sera possible grâce à la pluridisciplinarité des équipes.  Les temps médicaux et paramédicaux des permanences d’accès aux soins de santé prenant en charge les patients sans droit dans les hôpitaux seront amplifiés ainsi que la création de 60 “centres participatifs”. Ils proposeront une offre de soin adaptée aux populations défavorisées tout en les faisant participer au projet du centre.

  • Améliorer l’accès aux soins des personnes en situation de handicap

L’inclusion des personnes handicapées dans notre société est l’un des enjeux du quinquennat. De nos jours encore, il reste difficile pour eux d’avoir accès aux soins, ce qui n’est pas normal. Ainsi,  l’accès des personnes en situation de handicap à un médecin traitant sera reconnu comme un objectif de santé publique. Un programme d’adaptation des conditions de soins pour les personnes handicapées sera lancé, avec notamment la mise en accessibilité de la télémédecine.

S. El Haïry sur le site de l'ANContactWebTVFacebookTwitter